Ce billet veut donner quelques compléments d'information au précédent article. D'abord, le texte de Peter Watkins se retrouve en ligne sur le site perso du cinéaste: PETER WATKINS, FILMAKER AND MEDIA CRITIC. Le texte sur les médias audiovisuels de masse a été publié en francais aux éditions Homnisphères. Et puis, on retrouve, sur Dailymotion, un video de Watkins sur le pouvoir des mass-médias, la mondialisation , la monoforme...
Le site
ALTERNET nous donne ses 10 meilleurs textes de l'année 2006:
10. Bush's Petro-Cartel Almost Has Iraq's Oil
By Joshua Holland, AlterNet
Even as Iraq verges on splintering into a sectarian civil war, four big oil companies are on the verge of locking up its massive, profitable reserves, known to everyone in the petroleum industry as "the prize."
9. Stephen Colbert: New American Hero
By Don Hazen, AlterNet
When Colbert turned up the heat on Washington's elite, he revealed the big split between those basking in power and those fighting for change.
8. Where Bush's Arrogance Has Taken Us
By Jim Hightower, Hightower Lowdown
An illegal war, a long list of eroded rights, and a country run by and for the benefit of corporate campaign donors -- all courtesy of the imperial presidency.
7. Lobbying for Armageddon
By Sarah Posner, AlterNet
Some influential evangelical leaders are lobbying for an attack on Iran. But it's not about geopolitics -- it's about bringing about the End Times.
6. Why Religion Must End
By Laura Sheahen, Beliefnet
A leading atheist says people must embrace rationalism, not faith -- or they will never overcome their differences.
5. Tyranny of the Christian Right
By Michelle Goldberg, AlterNet
The largest and most powerful mass movement in the nation -- evangelical Christianity -- has set out to destroy secular society.
4. Could Bush Be Prosecuted for War Crimes?
by Jan Frel, AlterNet
A Nuremberg chief prosecutor says there is a case for trying Bush for the 'supreme crime against humanity, an illegal war of aggression against a sovereign nation.'
3. Iraq's War Porn
By David Swanson, Tomdispatch.com
We believe the war would end if the media showed more images of the human horrors in Iraq, yet we turn away when they're placed in front of us. Not anymore.
2. Men Who Love Burgers and Loathe Sex
By Susie Bright, HuffingtonPost.com
There's an unhappy host of young men who seem to have soured on the mating game -- but why?
1. Top 10 Signs of the Impending U.S. Police State
by Allan Uthman, Buffalo Beast
From secret detention centers to warrantless wiretapping, Bush and Co. give free rein to their totalitarian impulses.
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LES ÂMES QUI CHAVIRENT…
L’eau
L’eau n’a plus de mains
Ou
C’est les mains qui n’ont plus d’eau
Car cela fuit de toutes les pores du temps
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La prison et ses gardiens
Dr Mustafa Barghouti
publié le jeudi 9 novembre 2006.
Nous devons ne pas oublier que si grandes soient les prisons dans lesquelles nous vivons actuellement, nos villages et nos villes, ce ne sont que des prisons. Et la seule façon d'abattre les murs de ces prisons, pour nous, c'est de travailler ensemble.
Quand on est Palestinien, on sait ce qu'est une prison. Tous ceux qui sont allés en prison savent que les prisonniers sont souvent autorisés à se partager l'espace d'une salle et même à se battre pour un coin de gazon du moment que le gardien conserve le contrôle absolu des serrures et des clés, des portes et des murs. Pour le gardien, la seule question c'est de pouvoir pénétrer dans la salle quand il le veut et de garder les détenus bien en main. Rien n'est plus triste que des détenus devenus si absorbés par leur dispute pour un bout de gazon qu'ils en oublient leur situation réelle : ils sont en prison et donc, sans pouvoir.
Tous ces sept derniers mois, c'est ce qui arrivé dans les Territoires occupés ; le Fatah et le Hamas étaient si occupés à se bousculer l'un et l'autre qu'ils en ont oublié le reste.
Pendant ce temps, les forces d'occupation ont intensifié leurs agressions dans la violence, développé les constructions dans les colonies, poursuivi celle du mur de séparation raciale, et continuer à modifier les démographies et les frontières à Jérusalem. Les Israéliens sont en train de détruire toutes les chances d'un Etat palestinien indépendant, et nous, nous sommes trop occupés pour parler d'une seule voix.
Les forces d'occupation nous ont mis dans des prisons de différentes tailles. Certaines sont petites comme des cellules, comme à Al-Noaman et Qalqilya. Certaines sont plutôt comme une salle, comme à Betlhéhem et Naplouse. D'autres sont plus grandes, comme dans la Bande de Gaza. Dans ces prisons, nous continuons à nous battre et à nous invectiver. Nous continuons à nous battre pour un pouvoir imaginaire, un pouvoir qui est totalement contrôlé par nos occupants.
L'occupation approche de sa 40è année et elle a perfectionné son système d'oppression raciste. Cependant, comme nous sommes toujours divisés, nous restons incapables de contrecarrer ses plans. Les autorités d'occupation ont mis la main sur les salaires des employés du gouvernement, personne n'a élevé la voix pour protester. Au contraire, nous nous sommes renvoyés, les uns sur les autres, la responsabilité des conséquences. Chacun sait que le total de l'argent palestinien dont se sont emparé les forces d'occupation, injustement et en violation des accords antérieurs, monte à 550 millions de dollars US - plus qu'assez pour assurer tous les salaires non versés.
Les donateurs de l'Est comme de l'Occident rivalisent pour augmenter nos services de sécurité. Maintenant, nous pouvons rentrer dans le Guiness des records mondiaux, nous sommes le seul gouvernement au monde dont les services de sécurité (plus de 81 000 personnes) sont plus importants que les autres services publics. Et pourtant, nous n'avons aucune sécurité ni aucune paix. Pire encore, nos services de sécurité sont utilisés comme des milices, une situation qui est incontestablement humiliante.
D'habitude, nous critiquons le budget palestinien parce qu'il affecte 20 % de ses dépenses à la sécurité, 0,8 % à l'agriculture et 9 % à la santé. Mais maintenant, c'est pire encore. Le nouveau budget - une fois applicable et si le siège s'arrête - allouera 33,5 % à la sécurité, 0,7 % à l'agriculture et 7 % à la santé.
L'ancien Conseil législatif a été marginalisé. Mais notre réaction à l'enlèvement de 40 membres du nouveau Conseil législatif fut de mettre ses activités au point mort. Ces conflits entre factions qui nous paralysent nous ont empêchés d'arriver à la moindre solution contre les actes antidémocratiques de la puissance occupante.
Pendant la première Intifada, nous avions l'habitude de défier l'occupant. Nous organisions des aides médicales, au nez d'Israël, nous soignions les blessés et nous nous occupions des malades. Quand Israël fermait les écoles et les universités, nous organisions des comités d'éducation populaire. Quand les autorités d'occupation faisaient des arrestations, nous créions des centres médicaux et des classes à l'intérieur des prisons. Maintenant, nous fermons nos écoles nous-mêmes. Et certains d'entre nous ne ressentent aucune pitié à la vue d'une pauvre femme qui a besoin de soins pour mettre au monde son bébé.
Malgré le siège et les prisons - et à un moment où nous n'avions aucun gouvernement - personne n'avait souffert de la faim pendant la première Intifada, grâce aux plans sociaux et à l'assistance organisée. A l'heure actuelle, des milliers de gens ne peuvent nourrir leurs enfants pendant que d'autres prennent du ventre et touchent des salaires incroyablement élevés - par des structures locales - en travaillant pour des agences étrangères.
Israël a tiré les leçons de ses échecs de la première Intifada. Il est parvenu à détourner notre attention avec les Accords d'Oslo et ses annexes. Puis, il a changé les règles du jeu pour diaboliser notre juste combat et dénigrer nos valeurs humaines. Maintenant, il nous faut prouver au monde notre bonne conduite chaque jour qui passe. Et au lieu de se tenir ensemble face à cette injustice grave, certains d'entre nous se plaisent à prouver que ce sont nos compatriotes qui ont tort.
Toute la stratégie d'Israël se fonde sur la dénaturation du fond de notre combat et la manipulation des lois et des normes internationales. Israël veut requalifier les territoires occupés en territoires disputés. Israël veut faire passer notre combat légitime contre l'injustice pour des actes de terrorisme. Israël veut que les responsabilités retombent non pas sur l'occupation, mais sur les victimes de l'occupation. Et pourtant, les conceptions israéliennes sont en train de s'infiltrer dans notre culture politique. Quelques-uns d'entre nous ont honte maintenant d'affirmer nos droits à défendre notre dignité et à résister. Quelques-uns d'entre nous veulent capituler au lieu de chercher à comprendre et à changer la réalité.
En ce moment où nous avons besoin d'une stratégie et d'une action unifiées, où nous devons tirer parti de l'échec d'Israël au Liban, où il suffit de la seule visite d'un journaliste sur les murs de l'occupant pour faire constater l'inhumanité d'Israël, les médias du monde sont focalisés sur nos conflits internes.
Je l'ai déjà dit, et je le dirai encore une fois. Il n'y a aucun autre moyen pour avancer qu'une direction nationale unifiée. Nous devons convenir, même temporairement, d'une même visée. Nous avons besoin d'un gouvernement d'unité nationale - que ce soit avec des factions, des technocrates ou des indépendants. Le plus important, c'est que le gouvernement soit uni.
Nous avons besoin de structures unifiées pour faire face au conflit, défendre nos droits, forcer le siège et protéger notre peuple et notre nom, face au jugement sévère de l'histoire. Il nous faut ne pas oublier que le conflit n'est pas entre nos factions, mais entre notre peuple et les forces de l'occupation, l'injustice et la répression.
Nous devons ne pas oublier que si grandes soient les prisons dans lesquelles nous vivons actuellement, nos villages et nos villes, ce ne sont que des prisons. Et la seule façon d'abattre les murs de ces prisons, pour nous, c'est de travailler ensemble. Ceux qui nous assiègent doivent savoir qu'ils ne peuvent nous diviser. Nous devons nous unir dans notre visée, même si nous divergeons sur des opinions. Nous devons détacher nos yeux de ce point qui nous rend incapables de voir les check-points, les arrestations quotidiennes et les incursions répétées, et le sourire de satisfaction sur la face de nos tortionnaires et de nos oppresseurs.
L'auteur est membre du Conseil législatif palestinien et secrétaire général de l'Initiative nationale palestinienne (INP).
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